mercredi 12 décembre 2007

Les rapports du gouvernement : mais de qui se moque-t-on ?

Après le rapport qui vise à lutter contre le piratage et à favoriser la vente culturelle sur internet remis par Denis Olivenne, Pdg de la Fnac (plate forme de vente de mp3)

Après le rapport qui vise à encourager la vente low-cost contre les monopoles établis remis par Charles Beigbeder, Pdg de Poweo (opérateur low-cost d'électricité)



Petit jeu : selon vous, à qui le président Sarkozy demandera d'établir le prochain rapport permettant la modernisation de la France ?

A) le rapport du Pdg de Leclerc préconisant la disparition du petit commerce qui empêche les économies d'échelle et provoque l'inflation du panier de la ménagère ?

B) le rapport du pdg de TF1 qui insiste sur le soutien de la télé réalité pour faire éclore les talents de demain ?

C) le rapport du pdg de Dassault qui suggère de libéraliser le marché des armes pour se défendre efficacement contre les jeunes de banlieue, déjà équipés par la concurrence étrangère (russe et chinoise qui plus est) ?

jeudi 8 novembre 2007

Bleu de bleu

Marre des eurosceptiques réactionnaires, marre des pessimistes nostalgiques. Désolé, je suis encore jeune et ai encore foi dans l'avenir. Le futur peut être bleu. L'Europe a converti la France à l'écologie. Les mesures phare du Grenelle de l'environnement, ne sont que des transpositions de directives européennes. Bref, là encore, après les infirmières bulgares, Super Sarko nous fait une bonne démonstration de recycling.

Mais on est loin des exemples qu'on pourrait suivre. Vu sur le site du journal nantais Europa, Éco-logis à l'allemande, l'exemple de l'éco-quartier de Fribourg-en-Brisga, ou comment on pourrait relancer l'imagination et l'innovation en redonnant du souffle à nos villes.



"Les habitants de la cité solaire vivent dans des maisons spécialement conçues et appelées Plusenergiehaus. Leur principal atout : elles produisent plus d'énergie qu'elles n'en consomment. Au total, une maison de la cité solaire consomme un dixième de l'énergie d'une maison classique. Le surplus d'électricité est réintroduit dans le réseau de la ville. Les habitants de la "Solarsiedlung" en profitent. Selon la Solarsiedlung S.A.R.L., une maison de 140 m² peut ainsi rapporter 5 000 euros par an à ses propriétaires. A cela s'ajoutent, dans la même période, d'importantes économies en frais de chauffage pouvant aller jusqu'à 1800 euros pas an."

Tout n'est pas parfait bien entendu, mais tout peut s'améliorer. Il s'agit de savoir décaler le regard, ne plus se regarder le bout du nez mais l'horizon.

mercredi 7 novembre 2007

Le gouvernement a-t-il les moyens de résister aux mouvements sociaux ?

Lu dans le Monde de ce soir : "François Fillon est prêt à affronter le mécontentement social"

François Fillon met sa majorité en ordre de bataille pour affronter les mouvements sociaux de novembre. Il ne cèdera pas, dit-il. Or, le gouvernement a peu de marges de manœuvres économiques pour garantir cette position.



L'image de Christine Lagarde scrutant l'horizon risque bien de résumer le septennat de Sarkozy.
Afin d'équilibrer les comptes grevés par les exonérations fiscales (le fameux paquet fiscal) votées par la majorité, la France a besoin de 2,25% de croissance. A l'heure actuelle, l'INSEE et l'OCDE prévoit une croissance de 1,8%. Le gouvernement et le président Sarkozy sont donc déjà désespérement à la recherche de ces 0,5 % de croissance nécessaire qu'ils ont promis d'aller chercher avec les dents.

Combien de point de croissance pourrait faire perdre une grève dure, notamment dans les transports ?

La pression médiatique du gouvernement sera-t-elle plus forte que la pression économique ?

J'ai tendance à penser que des réformes ne peuvent se faire qu'avec un État fort et des finances saines. La politique de la droite ne permet pas à mon sens d'effectuer ses réformes. Donc il n'y a plus qu'à attendre la désillusion croissante...

mercredi 24 octobre 2007

Guy Môquet, un résistant à la lettre ?

Comment remettre un peu de débat historique autour d'une lettre consensuelle

Quand j'étais au lycée et qu'on me formait à l'art de la dissertation, mon professeur de français nous mettait en garde contre "La culture qu'on étale comme de la confiture pour les cochons", le meilleur moyen de montrer aux autres son inculture crasse.

Cet éloge à Guy Môquet, cela y ressemble beaucoup à cette confiture. C'est dans son discours à la jeunesse au Zénith le 18 mars 2007 que l'on retrouve pour la première fois le nom de Môquet et sa lettre dans la bouche de Sarkozy. Un discours où on retrouve 47 fois le mot amour. L'effet fait mouche, le nom continuera à vivre dans les discours, jusqu'à l'apogée de la victoire du candidat UMP et la célèbre lecture publique par une jeune lycéenne. Maintenant une journée où tous les lycéens de France se sont vu lire la lettre quand ils ne l'ont pas entendu à la radio, à la télé...




Pourquoi Guy Môquet ? Un jeune qui n'a pas beaucoup vécu

Qui était Guy Môquet cet illustre inconnu ? Cette icône de la résistance comme on nous le déclame aujourd'hui. Moi, jusque là, je n'avais entendu parler que de De Gaulle, des Aubracs, de Jean Moulin. Alors au délè des sentiments, de l'émotion, au delà de ses maman et "papa chéris", au delà de ce jeune de 17 ans qui va mourir, de quelque chose qui sonne bizarrement faux, qui me dérange sans savoir pourquoi, je suis tombé sur une émission avec des historiens. Une émission qui m'a permis de rassembler mes connaissances historiques, de faire de l'histoire et non de rester à communier, sur ce que Pierre Nora a appelé, lieux de mémoire.

Pourquoi Guy Môquet ? Au lieu de rester à la surface de l'analyse et de penser qu'il s'agit là encore d'un avatar de l'ouverture à gauche où d'un moyen pour discréditer la gauche, il faut remarquer que Guy Môquet est un jeune, qui n'a pas beaucoup vécu, qui n'a pas fait grand chose et qu'il est difficile de compromettre. Car la grand mode ces 20 dernières années est de dénoncer les grandes figures de la Résistance. Les mêmes De Gaulle, les Aubracs, Jean Moulin... j'ajouterai par provocation, Mitterrand... tout le monde y est passé.


La mémoire de la Résistance en quête d'un héros, à défaut de montrer sa complexité

A partir de quand est-il/elle entré dans la Résistance ? Avant ou après juin 1941 ? A-t-il/elle voté les pleins pouvoirs à Pétain ? A-t-il/elle sauvé des juifs ? Est-on sûr, qu'il/elle n'a jamais eu des pensées nazies ? L'historien Gérard Noiriel fera même le procès de la IIIème république où il retrouve, non parfois sans raison il est vrai, les origines républicaines de Vichy. Et où on mélange allègrement Vichy, Allemagne nazie, résistants nationalistes, résistants gaullistes, résistants sémites... Qu'il est facile aujourd'hui de dire "J'aurais été résistant" et de condamner ceux qui ne l'ont pas été.

Le gouvernement d'après guerre a préféré mettre un couvercle. Passées les premières effusions populaires avec notamment les tontes des femmes qui avaient couché avec les allemands, quelques exécutions de cas exemplaires comme celui de Pierre Laval, on amnistiera, on corrigea les passés. Pétain ne sera pas exécuté et mourrera en internement en 1951. La France fut reconnue majoritairement résistante. Dans les années 80, le couvercle sera retiré et les anathèmes pleuvirent lors des procès Barbie, Touvier, Papon... Il aurait été préférable de montrer la complexité de l'Histoire. Que les choses/gens ne sont pas blancs ou noirs, que lire l'Histoire sur une frise est simpliste, que les héros n'existent pas.

On en prend pas le chemin.


Les faits sur Guy Môquet

Comment critiquer Guy Môquet ? Ce jeune homme, encore un enfant et l'on sait aujourd'hui ce qu'est la sacralité de l'innocence des enfants.

Pourtant il y a bien un moyen de déconstruire le mythe. En ne s'attaquant pas à l'individu, on peut dégager quelques points.

Guy Môquet mérite-t-il de symboliser la résistance contre l'Allemagne nazie ?

Les faits. Guy Môquet, fils du député communiste du XVIIème Prosper Môquet, a été arrêtée par ce qu'il avait des tracts communistes sur lui, certain historiens parlent même d'un poème. Il a été arrêté par la police française le 15 octobre 1940. Le 20 octobre 1941, un commandement allemand, Karl Hotz est assassiné. Pierre Pucheux, le ministre français de l'Intérieur, envoie 50 prisonniers qui seront exécutés en représailles. Guy Môquet en fait partie et est fusillé le 22 octobre.


Le PCF plus contre Vichy que contre l'Allemagne nazie

Ce qu'il faut savoir. En 1940, le parti communiste n'est pas anti nazi. La ligne du PCF est fidèle à Moscou. Il faut savoir que pour les communistes, il y a un lien fusionnel avec l'URSS qui est la seule patrie où l'idéal marxiste a pu se réaliser et qu'il faut défendre à tout prix contre les puissances impérialistes. Or, Staline a fait un pacte de non agression avec Hitler, le pacte Molotov-Ribbentrop. Les attaques des communistes sont donc virulentes contre l'Angleterre et Vichy mais pas contre le nazisme qui parfois est même l'objet d'une fascination. Le nazisme est un mouvement idéologique dynamique et populaire.

Il ne faut pas confondre Vichy et l'Allemagne hitlérienne. Le Maréchal Pétain a longtemps résisté de gouverner avec les partisans les plus fervents du nazisme et ce n'est qu'en 1942 que sous les pressions importants des nazis, il nommera Pierre Laval qui organisera les premières déportations de juifs. Même si Vichy est un retour aux valeurs morales et traditionnelles avec un encadrement de la population, Vichy est assez éloigné du fascisme italien et encore plus du nazisme hitlérien.Pour un communiste, Vichy c'est un régime de droite, mais c'est aussi un régime qui a interdit le PC et un régime qui a accepté la défaite. Les tracs qu'auraient distribués Guy Môquet se seraient plus attaqués à ses détails qu'à l'ignominie qu'on assimile à postériori à cette période.


Guy Môquet peut-il représenter la Résistance ?

Quel acte de résistance a fait Guy Môquet ? Il a distribué des tracts, sans doute. Ces tracts pouvaient être aussi contre l'impérialisme anglais. Il a nié faire partie des jeunesses communistes. Sous la torture ? Certains historiens le contestent. Il est mort ? Oui. Mais savait-il qu'il allait mourir quand il s'est fait arrêter ? On est loin des résistants qui ont fait des sabotages, qui ont sauvé des juifs, qui sont allés dans le maquis, qui savaient qu'ils avaient de grandes chances d'être torturés, de mourir.


Guy Môquet, objet d'une double récupération

Pourquoi se souvenir de Guy Môquet dans ce cas là ? C'est tout l'intérêt de l'émission que j'écoutais au départ.



Selon elle, la figure de Guy Môquet a été montée en épingle par le parti communiste. Guy Môquet ayant été arrêté fin 1941, il permet aux communistes d'être reconnus comme des résistants. Les communistes ont en effet combattu le nazisme, mais dans l'histoire de la résitance il s'agissait de savoir si cette « entrée en guerre » datait d'avant ou d'après le 22 juin 1941, soit 8 mois après son arrestation, date à laquelle l'Allemagne envahissait l'URSS et mettait fin au pacte de non agression.


Guy Môquet est, entre autres, une figure qui permet d'inscrire le PCF dans l'histoire de la Résistance comme De Gaulle permet à la France d'être dans le camps des vainqueurs. Je ne pense pas que le Sarkozisme aille si loin dans sa confiture pour le savoir. Je pense que le sarkozisme s'intéresse plus à la jeunesse innocente... et victime. Mais une victime est-elle résistante, doit-elle être mis à l'état de mythe, de symbole, de héro ? Je pense que c'est ce genre de question qui permet de se détacher de la mémoire victimaire des martyrs et de passer à l'Histoire.

mercredi 29 août 2007

Le prix du pain augmente.. analyse mathématique d'une actualité chaude

La petite question mathématique du mercredi :

problème de 6ème, si le SMIC augmente de 2,1 % en juillet 2007, soit 1280,07 € brut et 1528 € maximum avec charges,

sachant que Annie, boulangère de son état, ui lit tous les jours le Monde, avec une tasse de café et un croissant servi par son salarié étudiant smicard, décide de s'aligner sur la hausse, annoncée par la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française d'augmenter de 5 centimes chaque baguette, dont 3 centimes suite à la hausse du SMIC.

Combien de baguettes Annie doit elle vendre par jour pour compenser la hausse du Smic ?

Réponse : fourchette haute :

Augmentation du smic mensuel : 1528 / (1+(2,1/100)) = 1528 / 1,021 = 1496,57; 1528-1496,57 = 31,43
Augmentation du smic journalier : 31,43/30=1,048

Nombre de baguette par jour : x
Augmentation de 3 centimes de x = 0,03x
0,03x = 31,43
x = 1,048/0,03
x = 34,93 = 35

Il faut donc 35 baguettes par jour pour amortir l'augmentation du smic de 3,1 % en juillet 2007.

Je propose un petit sondage à tous ceux qui vont acheter leur baguette tous les jours :

Demandez à votre boulanger combien de baguettes votre boulanger vend par jour ?


Vous pourrez donc savoir le résultat de l'inconnu y = Comment on vous prend pour une cruche (percée cela va sans dire) ?

lundi 27 août 2007

Petit décryptage "gentil" pour la fin des vacances

C'est la fin des vacances, la politique revient. Les universités d'été sonnent la rentrée, et les journalistes rentrent de vacances. Les blogs intellectuels reprennent vie.

Petit tour du côté du blog de l'équipe d'Arrêt sur images. Il n'y aura plus d'émission. Mais une lueur d'espoir : le blog continue et il 'améliore : maintenant des vidéos ! L'émission Arrêt sur images va-t-elle reprendre vie sous cette autre forme ?? Hmmm intéressant !

Alors je regarde le post sur ce qu'aurait pu être une réunion de rentrée à Arrêt sur images. Et je tombe sur la vidéo des Grandes vacances des officiels réunissant Bachelot et Bertrand Delanoé censé illustré le thème de la connivence entre les politiques, de droite et de gauche.

La vidéo, postée sur Dailymotion par un "Renovaction", se voit résumée : "Où l'on voit que le maire de Paris-Land ne s'en tient pas aux civilités d'usage mais entretient une véritable connivence avec une ministre de Nicolas Sarkozy. Il parait que "Pink Bertrand" est de gauche, mais ça doit etre une rumeur."

Schneidermann ne se sert de la vidéo que comme transition légère vers le thème récurrent du copinage journaliste / politique. Il ne s'agit pas ici d'analyser, mais de s'en servir comme prétexte à quelques idées sympathiques et illustrer le brainstorming de retour de vacance. On ne peut donc lui reprocher son utilisation.

Mais en ce qui concerne Renovaction... En la regardant, on ne peut qu'être profondément attristé de savoir qu'"Arret sur images" n'est plus là pour aider un citoyen lambda a décrypter une information audiovisuelle.

Ici, Renovaction ne s'attache en effet qu'au visuel. Il voit le bandeau en bas "Grandes vacances des officiels" et une série d'embrassades. Il en conclut à la connivence. Or s'il présume qu'il y a connivence c'est qu'il n'a rien écouter de ce qui est dit... ou pire... n'y a rien compris.

Pour ceux qui n'arriverait pas à décoder, je vais retranscrire le dialogue avec les sous entendus. J'y ai découvert un Delanoé très subtil... et, il faut le dire, une Bachelot (malgré l'estime que j'ai acquis pour elle par rapport à sa position Propacs), un peu neuneu.

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Roselyne, Bertrand, et les autres
envoyé par RenovAction


Roselyne Bachelot "Bonjour mon Bertrand, tu vas bien ? (smack, smack)

Bertrand Delanoé - Alors il parait que tu appelles tes anciens collègues du Parlement européen mon canard. Quand c'est mes adjoints, je me dis "Quand même il faudrait que je leur demande la permission".


[BD sous-entend -J'espère que tu te rends quand même compte que tu traites tes partenaires européens comme des bêtes ? Bon, c'est vrai, c'est la méthode Sarkozy du décontract et de tout le tralala, mais moi à ta place je me le serais jamais permis. J'ai trop de respect pour mes adjoints municipaux.]

RB - Ha ha ha

[RB : Rien compris]

BD -Ken Livingstone, tu connais Ken Livingstone ?

RB -Non je connais pas Ken Livingstone

BD - Viens voir


[BD sous-entend : -Visiblement tu ne connais ni les bonnes manières, ni les bonnes personnes. Bon je vais faire l'assistante sociale. Je vais te faire connaître du monde]

BD - Ken ! ... Le maire de Londres

[BD sous-entend : Je précise quand même "le maire de Londres", on ne sait jamais. Elle est tellement dégourdie, elle a peut être oublié que Ken Levingstone est la maire de la ville d'où est parti le tour de France dont on attend l'arrivée.]

RB - Ahhhaaa

[RB, avec le cri de l'enfant qui a découvert un sucre d'orge, pense : J'adore !]

RB - How are you ?

BD- Alors... elle est ministre de pleins de choses de la santé, du sport...


[BD sous-entend : Bon, elle est ministre de pleins de choses inutiles et qui n'ont rien à voir entre elles. Mais c'est quand même une ministre.]

RB - Youth... and Sport

[RB ânonne quelques mots pour prouver sa maîtrise parfaite de l'anglais à Ken Livingstone qui a déjà très bien compris de quoi il s'agissait.]

BD - Vous connaissez le maire de Londres messieurs les journalistes , parce que si vous prenez pas notre invité, c'est lui le maire de Londres.

[BD sous-entend : Ben oui le personnage le plus compétent et le plus important ici c'est bien Ken Livingstone et pas la dinde avec laquelle je suis obligé de poser]

BD - Ken Levinsgtone

[BD sous-entend : Je répète pour ceux qui n'avait pas encore retenu.]

RB - Ken Lewingson

[RB écorche le nom de Ken et pense : Faut pas que j'oublie. Ça peut toujours être utile. ]

RB - Pink Bertrand, Red Ken

[RB sous-entend : Bon on est au tour de France, j'essaye un jeu de mot à deux balles ?]

RB - Attendez, je vais venir avec vous quand même là.

[RB pense : Me laissez pas toute seule : je vais avoir l'air cruche !]

BD - C'est plus simple, je voudrais pas la compromettre tout de même. Surtout si jamais elle ne dit pas... Surtout si elle dit un truc avec lequel je suis pas d'accord, je serais obligé de la contredire.

[BD pense : Euh non, pourquoi j'ai fait ce lapsus ? C'est sûr qu'elle n'a rien à dire sauf peut être quelques trucs en effet]

BD - Et c'est elle la ministre, je ne suis qu'un modeste élu local moi.

[BD sous-entend : La france a voulu la droite au pouvoir, ils n'ont qu'à assumer d'avoir des crétins au gouvernement. Les parisiens sont heureusement plus intelligents, mais, malheureusement, à un moindre niveau.]

RB (se retourne vers d'autres invités) - Smack, smack - On va s'installer mieux là !

BD - Comme cela je peux fumer ma clope tranquille.


[BD sous-entend : Super, elle va peut être arrêter de me coller].

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Ah oui en effet, entre eux deux, c'est l'amour fou.

mardi 12 juin 2007

Peut-on perdre avec le sourire ? (4)

ou ma proposition de grand A

Le PS va se rénover. Tout le monde est d'accord là dessus, mais derrière le mot rénovation tout le monde ne mets pas le même contenu. Ce qui est malheureux, c'est qu'avec la nouveauté de l'effondrement de l'extrème gauche, confirmé par les législatives, les militants socialistes sont maintenant résignés à la nécessaire blairisation de leur parti, résignés par désespoir alors qu'une refondation par adhésion est nécessaire. Comment convaincre les électeurs quand on est soi-même pas convaincu ?

L'objectif de mes posts est de faire partager mon optimisme, car je pense qu'il y a matière à reconstruire une offre politique alternative à la droite tout en n'ayant pas le deuil du socialisme marxiste. Pour moi la droite ira vers l'échec car elle ne veut pas voir la complexité sociale mais pour la battre, il faut mobiliser les valeurs de gauche qui ont aussi été trahies par les marxistes.

Selon moi, la gauche doit renouer avec sa confiance dans les individus, dans l'internationalisme et dans la foi en l'avenir.

1.La confiance dans les individus

Philosophiquement, la droite considère l'individu comme mauvais. On peut le voir dans le domaine religieux ou économique. Pour elle, l'homme est un loup pour l'homme, il a un pêché originel à se faire pardonner et la recherche maximale de son profit ou de son plaisir permet de prévoir l'avenir économique. Grace à Rousseau, on a réussit à contester cette représentation grâce à deux idées : 1) l'homme est bon par nature, c'est la société qui le pervertit 2) l'homme, pour vivre, doit nécessairement conclure un contrat social. L'individu n'est donc pas mauvais car il est bon par essence, et il a le soucis du bien commun.

En pratique, face à un problème, la droite va focaliser l'attention sur les « profiteurs ». Ainsi, lors de la réforme de la sécurité sociale, on a attaqué les usagers qui consommaient trop. On a mis en place une nouvelle carte vitale, ultra sécurisée, pour lutter contre les fraudeurs. La nouvelle carte vitale coûtera plus cher que ce qu'elle rapportera. Car on évalue le nombre de fraudeurs à moins de 20 000. Une pécadille pour une modernisation coûteuse de notre morceau de plastique vert.
Sur la question de l'emploi, ce seront les chômeurs assistés qui seront le coeur des préoccupations. Et il faudra tout faire pour les remettre au travail.

A la politique des boucs émissaires, l'homme de gauche devrait avancer la priorité de réforme du système.Car pour l'homme de gauche, s'il y a un problème, c'est parce que le système ne permet pas aux individus de contribuer comme ils le souhaitent. Ce ne sont pas des profiteurs dont il est question, mais des exclus. Il s'agira donc, dans le domaine de l'emploi, d'aider à la modernisation du système de formation (réconcilier l'école avec le marché du travail, organiser la formation professionnelle tout au long de la vie pour permettre ceux qui sont sortis trop tôt du système scolaire ou ceux qui s'ennuie dans leur travail, de progresser et d'évoluer dans sa carrière) c'est aussi rendre plus fluide l'emploi (en sécurisant non le contrat de travail mais les parcours professionnels, c'est ce qu'on appelle la sécurité sociale du travail). Dans le domaine de la santé, il s'agira de mettre tout le monde autour de la table les usagers, mais aussi les labos, les médecins, les hôpitaux, afin de mettre chacun devant ses reponsabilités, et de déterminer quel coût on doit consacrer à la santé et vers quelles priorités. Il s'agira aussi de mettre sur la table le rôle du financement qui dépend aujourd'hui des travailleurs alors que les retraités bénéficient le plus des soins. Ainsi, la santé ne devrait-elle pas être financée par l'impôt sur le revenu, qui touche toute la communauté proportionnellement à ses moyens, et non par les cotisations sociales ?

Certains pourraient objecter que la droite à ces projets dans ses cartons. Je n'y crois pas. Car pour mettre en place ces politiques, il faut avoir confiance dans les individus, avoir confiance dans leur sens du bien commun, et cela la droite en est incapable.

La gauche marxiste aussi, car même si elle pourrait être d'accord sur la finalité, sa manière de faire l'empêche d'aboutir à ces solutions. Car la gauche marxiste, elle aussi, n'a pas confiance en l'individu. Aujourd'hui elle interprète la crise par la montée de l'individualisme. Elle aussi cherche des boucs-émissaires, ce ne seront plus les exclus, les profiteurs seront les possédants. Les responsables sont les chefs d'entreprise, les médecins. La gauche marxiste a empêché le dialogue social car elle a façonné le syndicalisme comme un contre-pouvoir contre les patrons. Le syndicalisme a donc été perçu, et est toujours perçu, comme une force d'opposition contestatrice au service d'une catégorie.

En ayant une vision positive de l'individu, le syndicalisme n'est plus un instrument de lutte, la défense d'une catégorie, mais le moyen de permettre à chacun de se faire entendre par la direction, faire remonter les problèmes concrets qui empêchent les salairés de travailler et nuisent à la productivité de l'entreprise.

A la lutte des classes, le dialogue social doit se substituer. Au niveau politique, cela veut dire faire confiance aux citoyens. Les socialistes ont mis en place la démocratie participative avec la loi dite « démocratie de proximité ». Mais les élus, même de gauche, ont encore beaucoup de mal à faire confiance, le système des comités de quartier doit être amélioré et il est nécessaire de continuer à approfondir la démocratie participative pour qu'elle ne se contente pas de représenter les milieux aisés culturellement.

Le dialogue social, c'est aussi avoir un rapport différent à la hiérarchie. L'objectif n'est pas de revenir sur mai 68 et renforcer l'autorité sous couvert de respect. A l'école, c'est admettre pour un professeur qu'on peut avoir tord, qu'on ne connait pas tout, que chacun peut avoir quelque chose à dire car nous sommes tous né dans un contexte différent, dans un lieux différent, dans un milieu social différent. Et c'est le meilleur moyen pour l'enseigné mais aussi l'enseignant de se questionner sur son rapport à l'histoire, son rapport à la citoyenneté, son rapport au travail. La pédagogie prend du temps, et c'est pour cela qu'il faut remettre en cause des programmes abrutissant car ils sont lourds, obligent de traiter beaucoup de choses de manière superficielle, et empêche la réflexion. En Suède, la réfome de l'enseignement a la mise en place d'objectifs peu nombreux mais précis. A l'heure d'Internet, l'important n'est plus d'avoir accès au contenu mais d'avoir suffisamment de recul pour pouvoir exploiter ce contenu.

Le dialogue social et la confiance dans l'individu peuvent se décliner dans beaucoup de thèmes que la vision du retour à l'autorité empêche de voir. Au lieu de concurrencer la droite sur ce terrain, je pense que la gauche devrait plutôt réfléchir dans ce sens.

(A suivre)

jeudi 31 mai 2007

Peut-on perdre avec le sourire ? (3)

ou les raisons idéologiques de la défaite de la gauche


Une erreur de fond fondamentale de la candidate


Être de gauche et être de droite, c’est avoir une vision différente des problèmes. On n’a pas pu voir clairement cette différence dans cette campagne. Les socialistes qui ont été longtemps culpabilisés par l’utopisme communiste, ont semblé cette fois culpabilisé par l’arithmétisme de droite. Les programmes coûtent trop cher, la dette est lourde. Malgré les interventions des économistes de l’Observatoire Français des Conjonctures Economiques (Pourquoi nous ne chiffrerons pas les programmes présidentiels, Faut-il réduire la dette publique ? Faut-il réduire les dépenses publiques ?), Ségolène a choisi d'aller dans le sens du préjugé plutôt que de la pédagogie, de mettre en avant le thème du coût au lieu du thème de l’investissement. Dès lors son programme n’était plus cohérent avec la vision qu’elle avançait. C’est une des multiples erreurs de fond de la candidate.

Un problème social est un problème complexe qui a plusieurs portes d'entrées et de compréhension. Avoir une vision sur un problème ne signifie pas que l’on ne veut pas voir le problème mais c’est l’examiner d’une manière différente, sous un angle d'attaque différent. Il y a toujours plusieurs façons de traiter une question. Encore faut-il avoir/se laisser le recul nécessaire et pour cela refuser les évidences et les décisions précipitées. D'une manière carricaturale, on pourrait dire, par exemple, pour illustrer, qu'un problème peut être traité du point de vue des causes ou du point de vues des conséquences, que l'on peut interprêter la naissance du monde par la poule ou par l'oeuf.

C’est en avec une vision différente que l’on peut résoudre les problèmes de manière différente et de manière plus conforme aux valeurs de gauche : humanisme, solidarité, confiance.



La coupure par rapport au populaire


Être de gauche c'est être près du peuple. L'extrème gauche n'arrête-t-elle pas de nous le répéter à longueur de temps ? N'étaient-ils pas les premiers à nous dire que les 35 heures pouvaient précariser les plus faibles et avantager les cadres ?

Mais l'extrème gauche a-t-elle tant de leçon à donner ? Comme le note le sociologue Daniel Bizeul dans son livre « Avec ceux du FN », ce sont les communismes qui ont perdu le vote ouvrier au profit du Front national. Ce même vote ouvrier qui vote aujourd'hui pour Sarkozy.

Mais la question n'est pas aujourd'hui de faire un procès en inefficacité vis à vis de l'extrème gauche (il s'agirait peut être juste de noter l'impasse d'un possible virage marxiste du PS) mais de comprendre comment la droite peut se réclamer populaire ? Il faut pour cela être attentif au discours de Rama Yade lors de l'investiture de Sarkozy à l'UMP.



Rama Yade, discours au congrès de l'UMP



« Le moins que l'on puisse dire, c'est que face au préchi- précha socialiste, l'UMP version sarko c'est quand même autre chose. Car les socialistes ne proposent plus rien de nouveau depuis la chute du mur de Berlin »

« Sans projets, sans idées, sans vision, ces prétendues élites de gauches sont le meilleur symptôme de la rupture, entre le pouvoir et le peuple. Ce peuple qu'elles ont oublié, cette classe ouvrière dont elles ont été jusqu'à nier l'existence »

« La gauche caviar qui ne respecte qu'Arte mais dont elle ne regarde pas les programmes, s'est coupée des réalités alors qu'elle ne jurait que par le réalisme. Ouverte à toute les radicalités, quand il s'agit de déclamer mais fermée à toutes les audaces quand il faut proposer. Quand on considère le français moyen comme un beauf parce qu'il a dit non à la constitution, comment se dire proche du peuple. Pour 2007, quels est l'objectif des socialistes, donnez une vision à la France ? Non. Répondre aux inquiétudes des gens ? Non. Leur seul objectif est de battre Sarkozy. »

« L'universel peut avoir les cheveux crépus. Et les cheveux crépus attendaient tant de la gauche. Cela fait 30 ans, que les français issus de l'immigration comme on les appelle, comptait sur elle. Depuis la marche des beurs, ils ont donné sans réfléchir leur suffrage aux socialistes. Les socialistes leur ont beaucoup promis. Mais ils n'ont rien fait ou si peu et si mal. Ils accordaient de la pitié au lieu du respect. Une république des indigènes quand les immigrés réclamaient du travail pusce qu'ils ne sont pas venus en France pour rester les bras croisés. Résultat, pas un seul député issu des minorités à l'Assemblée. Mais c'est vrai que la politique, c'est un peu comme les discothèques, on laisse d'abord entrer les habitués. »


Ce discours touche juste, car il aide à comprendre comment des catégories de personnes qui ne sont pas catégorisées à droite peuvent voter pour Sarkozy. En l'occurence, Rama Yada est une femme jeune, noire et issue d'une famille de gauche. Si on écoute bien son discours, il y a surtout de la déception par rapport à la gauche et l'engouement pour le volontarisme sarkozien, tout un symbole de ce peuple perdu qui est nécessaire pour la gauche de reconquérir mais dont il faut comprendre la motivation.

Il ne faut pas, comme De Gaulle, considérer les français comme des veaux. Il est simpliste de penser que c'est par le développement du racisme que les ouvriers se sont tournés vers de l'extrème droite, puis vers le sarkozisme. Les ouvriers sont moins stupides qu'on ne le pense : c'est peut être avec un grand pragmatisme qu'ils ont abandonné l'idéologie communiste qui ne leur apportait plus rien de concret par rapport à leurs malaises. Privé d'espoir en l'avenir, ils se sont mis à détester leurs concurrents, les immigrés. Le volontarisme de paillette de Sarkozy leur a redonné cet espoir, non seulement parce qu'ils ont l'impression qu'il y aura maintenant un véritable changement (le retour d'un Etat agissant contre « l'Etat ne peut pas tout faire » de Jospin) mais aussi cet Etat qui favorisera les français.

La gauche peut récupérer cet électorat mais si elle arrive à redéfinir un cap qui permette d'avoir confiance, de réellement sécuriser et de réellement intégrer.

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mardi 29 mai 2007

Peut-on perdre avec le sourire ? (2)

Ou les risques d'une défaite non assumée




Une défaite cinglante


Il n'est pas juste d'essayer de cacher une défaite. On pourrait minimiser en revendiquant la forte mobilisation ou le poids des sondages, mais c’est oublier que la mobilisation bénéficie normalement à la gauche et que dans d'autre événement le poids des sondages n’a pas joué (comme lors du référendum européen).

La gauche aurait du gagner cette élection. Toutes les conditions étaient réunies pour battre la droite : la prime à l’alternance, la diabolisation de Sarkozy, l’effet 21 avril et l’importance du vote utile.

Il faut saluer la pugnacité de Ségolène. Elle a tenu sur son discours. Sur l'encadrement militaire des jeunes délinquants, sur la remise en cause des 35 heures, sur la nécessité du développement économique dans le social. Elle a pu joué avec les valeurs de la droite en se faisant acclamer par l'extrème gauche. Elle a eu le culot de faire une campagne atypique, s'émancipant du parti, jouant la carte de la démocratie participative. Remise en cause du socialisme orthodoxe, de la façon de faire de la politique. Elle a fait des coups de génie : son discours à Toulouse m'a permis de faire voter pour elle, son dialogue avec François Bayrou était courageux, même le débat avec Nicolas Sarkozy n'était pas si mauvais que cela.

Mais il lui a manqué quelque chose de fondamental : un axe, une vision. On en était encore à un débalement de propositions assez flous, qu'elle a essayé tant bien que mal de lier à un projet de société. On pourrait dire que c'est la conséquence de très nombreux débats participatifs difficilement synthétisables. Mais c'est oublier qu'en 2002 , on avait déjà une liste similaire de propositions cumulatives.

Donc, ce n'est pas forcément une France de droite qui a gagné sur une France de gauche, c'est la victoire d'un Sarkozy avec un projet bien ficelé, des mesures coûteuses mais clairement articulées. Ségolène n'a pas fait espérer et a fait triompher le discours conservateur contre les boucs-émissaires qu'elle a elle-même tenu.



Le piège du "dicours sur la méthode" au PS


Ségolène a apporté des choses nouvelles, mais c'est insuffisant. Et le piège qui se profile c'est l'espérance d'une refonte idéologique sur les méthodes en oubliant de se remettre en cause sur le fond.

Déjà une partie des militants socialistes ont cru trouvé leur salut dans les propositions d'Arnaud Montebourg qui fait des institutions de la Vème république l'alpha et l'omega du socialisme de demain. Ségolène pourrait mettre en avant la démocratie participative. Quand on a perdu espoir dans la révolution par l'action, on se réfugie dans le confort de la révolution par la forme.

Il faut d'ailleurs voir les limites de ces nouvelles utopies.

La VIème république

La révolution des institutions est un long serpent de mer. Mitterand déjà voulait transformer la 5ème république. Une fois aux manettes il la pérénisera. Les socialistes sous Jospin ont voté en faveur de la présidentialisation du régime : après la réforme du quinquennat, ils ont inversé le calendrier électoral en 2002, plaçant les présidentielles avant les législatives, la personnalisation du pouvoir avant la confrontation des idées partisanes.

Cette logique marche très bien, les députés socialistes se sentent d'or et déjà battu, oubliant que l'aura de Sarkozy n'est pas celle de ses députés et oubliant le rôle des triangulaires que permet le maintien au second tour d'un candidat ayant obtenu le soutien de 12,5% des électeurs inscrits. La cohabitation reste une possibilité.


La démocratie participative

La démocratie participative a déjà été initiée par les socialistes avec la mise en place des conseils de quartiers et la loi de proximité (2001).

Il semble qu'il n'y ait toujours pas de retour critique sur cette organisation. C'est une forme intéressante de la politique. Mais il ne faut pas opposer la politique traditionnelle à la démocratie participative. La démocratie participative ne peut être qu'une complément.

Car
  1. la démocratie participative ne représente qu'une partie de la population : ceux qui ont le temps de s'investir dans l'espace public et ceux qui ont acquis un minimum de confiance dans leur opinion ou les moyens de l'exprimer. Bref, la démocratie participative favorise les classes intellectuelles moyennes et exclue les plus défavorisés socialement et culturellement.

  2. La démocratie participative flatte les préjugées parfois contradictoire. A quoi bon se dire de gauche si c'est pour épouser les idées du moment surtout si elles sont à droite ?


Le politique, garant de l'intérêt général doit donc encadrer les débats participatifs et ne pas faire qu'écouter. Ce doit être un dialogue et non pas seulement une écoute. Et c'est aussi comme cela que l'homme politique pourra apporter ses valeurs de droite ou de gauche, convaincre les citoyens de sortir de leur intérêt personnel et trouver des solutions pour le bien commun.

La méthode et la forme ne servent donc à rien sans une base idéologique solide. On pourrait d'ailleurs dire qu'on ne fait pas d'alliance tactique avec l'extrème gauche ou le centre sans être au clair avec ce que l'on veut défendre et porter en commun.

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vendredi 25 mai 2007

Peut-on perdre avec le sourire ? (1)

[premier post d'une série consacrée à mes réflexions personnelles sur la défaite aux présidentielles de 2007 et l'avenir de la gauche]



Je viens enfin de voir le film de Moati sur la campagne présidentielle. Cela fait près de 3 semaines maintenant. Et du coup, après avoir par deux fois les larmes aux yeux, je me demande si je dois continuer à écrire. Est-ce que le temps du deuil est vraiment passé ? Ce matin, je n'avais pas envie d'écrire, d'analyser du moins. C'est ma contradiction : ne plus réfléchir, prendre du bon temps, plâner, rêver, ressentir, même dans une France sarkozienne.

Pourtant j'ai envie de ne pas être un socialiste déçu. Ce genre de socialistes qui vont aux législatives pour "équilibrer". Toujours en attente d'un avenir meilleur. J'ai envie de répondre à tous ces articles de socialistes qui ne sont plus qu'antisarkozyste. J'aimerai au contraire que ce soit avec optimisme qu'on retourne convaincre les électeurs. Car déjà les analystes avancent l'idée d'une victoire qui était inéluctable dans une France qui a été toujours conservatrice et le sera toujours, démographie oblige.

Notez pour plus tard que je n'ai pas dit une "France de droite" mais une "France conservatrice".

Je crois que l'analyse peut permettre de nuancer tout cela. Il ne faut pas attendre trop longtemps avant de comprendre les raisons des échecs. J'ai ma petite idée quand j'entend tel ou tel dirigeant socialiste dire qu'il faut attendre (de perdre) les législatives. Les verrous qui s'ouvrent violemment lors d'une importante remise en cause sont entrain de repréparer leur fermeture. Et comme je pense que l'on peut aujourd'hui faire de la politique à gauche, je pense qu'il faut dès à présent redonner espoir et préparer l'avenir. Profiter des effets 21 avril et 6 mai et ne pas attendre les éternels Plan B.

Il faut savoir prendre en compte la défaite, dénoncer le virage utopique du "discours sur la méthode" qui est en train de se mettre en place au PS et montrer que les idées de gauche sont possibles, pourquoi elles sont plus pertinentes.

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vendredi 18 mai 2007

Réflexion sur la nomination de B. Kouchner aux affaires étrangères

Kouchner est en effet une très bonne carte à jouer pour Sarkozy, homme indépendant donc pas accroché au PS, homme populaire, figure de gauche légitime qui favorise l'idée d'une politique d'ouverture et asphyxie la troisième voie du Modem.

Mais en réalité ce n'est pas sur ces convictions socialistes que Sarko fait appel, mais à sa manière de voir la politique internationale. Et idéologiquement, Kouchner est très proche de la conception de néo-conservateur américain dans ce domaine.

Au delà de la diabolisation des idées, qu'est-ce que ce courant idéologique ? C'est un courant interventionniste au plan international qui ne n'a aucun scrupule à remettre en cause la souveraineté des états mais aussi des peuples, si cette remise en cause se fait pour porter les valeurs humanistes et démocratiques de l'Occident.

Kouchner est pour le droit d'ingérence. Il a travaillé dans le milieu humanitaire, il a vu les conséquences de certaines tyrannies ou conflits inter-étatiques sur les populations. Il n'est donc pas incohérent de vouloir agir le plus rapidement pour aider des personnes qui souffrent (affamés de la guerre, femmes voilées...). Mais cela implique la remise en cause du droit international et met en place une sorte de néocolonialisme sur les valeurs occidentales.

Or, les valeurs occidentales sont-elles forcément les meilleures ? Agir sur ses valeurs propres sans tenir compte des équilibres sociaux et historiques locaux est-ce une bonne approche ? Imposer ses valeurs sans obtenir le consentement préalable des populations est-il viable ? Ne risque-t-on pas d'obtenir l'effet inverse en mobilisant des populations contre un Occident perçu comme hégémonique et remettant en cause la tradition culturelle ?

Tels sont les débats qui ont vu le jour lors des interventions du Kosovo, d'Afghanistan et d'Irak. Le problème du Kosovo semble en voie de résorption. Plus ancien ? Démonstration d'une réussite en la matière ? Il ne faut pas oublier l'impact de l'Union Européenne dans le maintien de la paix dans les Balkans. La perspective d'adhésion maintien les protestations locales. Donc, pour ma part je ne crois pas que l'on puisse parler d'une réussite de la politique d'ingérence.

Nous verrons à long terme ce que nous donnera l'Afghanistan et l'Irak. Voire la radicalisation de l'Iran.

Kouchner n'est donc pas engagé comme un homme de gauche mais sur un débat très précis dont il faut bien voir les tenants et les aboutissants.